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Le regard subjectif de Claudia Chan Tak posé sur l’équipe artistique de Pluton

La 2e Porte à Gauche est très fière d’exposer le travail de Claudia Chan Tak dans le cadre du FTA à la Place des Arts. HYDRA est un projet satellite de Pluton. Après avoir documenté en 2014 le processus de collaboration de Rendez-vous à l’hôtel, Claudia assiste, munie de sa caméra, au processus de création de Pluton depuis janvier 2015. Ses photos et captations vidéos témoignent des rencontres artistiques du projet. En outre, l’exposition Hydra s’enrichit de croquis et d’artefacts confectionnés et rassemblés par l’artiste.

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L’œil de Claudia Chan Tak posé sur La 2e Porte à Gauche… | Avec Peter James, Katya Montaignac et Katie Ward, en répétition pour Pluton

Claudia a commencé à s’intéresser aux projets de La 2e Porte à Gauche durant son Bac en danse. En écho à Hydra, nous exhumons de nos archives cet extrait inédit d’un travail rédigé en avril 2011 avec Liane Thériault pour le cours de Danse et société donné par Geneviève Dussault au département de danse de l’UQAM et dont le sujet portait sur la « danse in situ à Montréal »…

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Le Continental XL de Sylvain Émard présenté dans le cadre du FTA 2011 : on reconnaît Claudia au premier plan parmi les danseurs de l’événement…

Les enjeux artistiques de la danse in situ

Par son format particulier, la danse in situ présente de nouvelles adaptations, mais surtout de nouveaux défis artistiques. (…) Pour Katya Montaignac, faire du in situ c’est se débarrasser des codes de la scène, surtout pour les chorégraphes qui participent aux événements de La 2e Porte à Gauche : « On a noté les paradoxes, les retours inconscients de narcissisme non questionné qu’on véhicule avec nous dans notre formation de danse et de spectateur. C’est inconscient et intuitif. Sans s’en rendre compte, on les voit réapparaître même dans des contextes différents ». Le manque d’expérience fait que leurs attentes sont biaisées par leur vécu propre à l’univers scénique et que leurs choix artistiques ne sont pas nécessairement appropriés à l’intention première de leur œuvre in situ. En résumé, « ce n’est pas tout de danser dans la rue, [il faut y aller] sans utopie du public ».

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7 1/2 à part. (2008) | Spectacle de danse en appartement produit par La 2e Porte à Gauche et présenté pour la journée internationale de la danse organisée par le Regroupement québécois de la danse | Crédit Photo : Élaine Phaneuf | Sur cette photo, on reconnaît Julie Deschênes, Caroline Gravel, Martin Faucher et Lucie Bazzo parmi les spectateurs.

[…] Hors des murs des théâtres, le danseur devient plus vulnérable. Il ne dispose plus de la distance qui le sépare du spectateur et devient ainsi exposé à davantage de risques et d’imprévus. Cependant, comme le dit Gabrielle Surprenant Lacasse, cette vulnérabilité le rend plus humain, plus accessible aux yeux du public. En tant que spectatrice, la proximité avec les interprètes me surprend et me fascine toujours : leurs réactions, leur présence, leur concentration ainsi que leur capacité à gérer cette contiguïté. Je pense à 9½ à part., de La 2e Porte à Gauche où danseurs et spectateurs se mêlaient et où les réactions du public s’avéraient aussi intéressantes que celles des interprètes. Le spectateur devient parfois aussi vulnérable à cause de sa proximité avec les interprètes. Dans 9½ à part., on ne se sentait pas toujours à notre place, et le fait que n’importe qui pouvait devenir un point de regard pour d’autres observateurs pouvait perturber. Dans les projets semblables, les danseurs et les spectateurs se trouvent sur un pied d’égalité venant ainsi démocratiser l’art chorégraphique. (Liane Thériault)

[…] La possibilité de choisir son rôle de spectateur démocratise la danse, mais en plus, cela transforme sa perception de l’artiste, qu’il perçoit soudainement comme son égal, sans prétention et sans hiérarchie. Gabrielle Suprenant Lacasse allait dans ce sens en disant :

« Parce qu’on n’est pas des surhumains. On est des gens qui ont choisi de danser. C’est clair que sur scène on peut être magnifié. C’est normal de voir des corps et de rêver. Le in situ rend plus accessible : tu vois la sueur, l’effort. Tu vois qu’ils rushent avec le sol. Tu vois qu’ils travaillent, qu’ils shakent qu’ils sont essoufflés. Ça humanise la chose. Le mur n’est pas là, la scène non plus. C’est plus confrontant pour le spectateur, il n’y a pas la distance, il est plus engagé physiquement. La première fois que j’ai vu une danse de proche, c’est la main qui shake qui m’a touchée. »

Karine Cloutier, photo de Caroline Bergeron

Projet Vitrines (2005) | La 2e Porte à Gauche en collaboration avec le magasin Simons de Montréal | Crédit photo : Caroline Bergeron | Sur la photo : Karine Cloutier

[…] Toutefois, ceci reste une utopie, parce qu’on ne peut pas affirmer qu’une œuvre est plus accessible seulement parce qu’elle est présentée dehors. En fait, la qualité artistique joue pour beaucoup. Il faut faire des choix réfléchis pour ne pas effrayer un public qui ne connaît pas nécessairement l’univers de la danse contemporaine. Il faut se rappeler que le public est dans une situation qui peut lui sembler délicate et intimidante. Selon l’expérience de Samuel Gaudreau-Lalonde lors de l’événement 7½ à part. de La 2e Porte à Gauche, en tant que spectateur, « on ressent un inconfort du fait de ne pas comprendre tout ce qui arrive, de ne pouvoir dresser des frontières claires. On se met à douter des autres puisque l’on ne sait pas trop s’ils sont performeurs. Alors on fait attention de ne pas trop se commettre. » Cette ambigüité fait qu’il y a un énorme risque d’effrayer le spectateur et de l’éloigner à jamais du monde de la danse. Un des artistes de La 2e Porte à Gauche cité par Philip Szporer disait d’ailleurs : « Sometimes you make the right choice and everyone feels welcome and sometimes you don’t and everyone is a little alienated. » (Szporer, 2009)

Extraits inédits d’un travail rédigé par Claudia Chan Tak et Liane Thériault en avril 2011  (cours de Danse et société donné par Geneviève Dussault au Bac en danse de l’UQAM).

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Retrouvez les vidéos, photos et croquis de Claudia Chan Tak exposés dans Hydra, l’exposition présentée le cadre du FTA 2016 à la Place des Arts du 25 mai au 19 juin 2016 en partenariat avec la Fondation Jean-Pierre Perreault et l’école de danse contemporaine de Montréal

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Scénario d’un show en appartement : 9 1/2 à part. | 2009 https://la2eporteagauche.espaceperreault.ca/2013/10/02/scenario-dun-show-en-appartement-9-1-2-a-part-2009/ https://la2eporteagauche.espaceperreault.ca/2013/10/02/scenario-dun-show-en-appartement-9-1-2-a-part-2009/#respond Wed, 02 Oct 2013 02:36:27 +0000 https://la2eporteagauche.ca/?p=232 Le « début » / Entrée du public Ne pas avoir quand ça commence réellement (possibilité qu’il se passe quelque chose pendant que le public attend) [Note : Tangente aimerait que les gens arrivent quelque part, comme sous ...

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  • Le « début » / Entrée du public
  • Ne pas avoir quand ça commence réellement (possibilité qu’il se passe quelque chose pendant que le public attend) [Note : Tangente aimerait que les gens arrivent quelque part, comme sous une tente. À réfléchir…]

    Le public peut aussi entrer dans un appartement vide.

    Les performeurs peuvent entrer avec le public (dissimulés dans le public).

    Autre idée : show qui roule en continu. Dans ce cas, les gens entrent et sortent quand ils veulent (pas de « début » si de « fin »)

    Accueillir le public en lui offrant à boire (pour régler l’attente dehors) et quelque chose commence au bout d’un moment.

    Accueillir les spectateurs comme des visiteurs à qui on souhaite louer l’apparte (déjà fait par Zoey l’an dernier)

    Accueillir les gens en leur demandant qui ils sont.

    Diriger les spectateurs avec des numéros.

    1. Le lieu, l’espace = l’appartement

     

    Les espaces clos

    –          Exploiter/occuper les placards, les penderies : Jeux dans le noir ou la semi-obscurité pour des solos dans un placard (avec une webcam sur le front?)

    –          Une pièce condamnée avec un judas (le spectateur doit faire un effort pour voir). Regarder par un judas ou une serrure. Pour un spectateur à la fois. Regarder un film (écran lcd?).

    Mise en abîme vidéo

    –          Possibilité d’intégrer différents projets dans différents espaces (interactions possibles, parallèles, contrastes…). Allées et venues entre 2 espaces comme un jeu de miroir.

    –          Si dans chaque pièce, il y a un moniteur (TV, ordinateur maison), il est possible d’établir une communication entre elles.

    –          Tout le monde pourrait se parler à un moment donné (méta-structure).

    –          Un mur blanc peut constituer une surface de projection (on pourrait aussi être en lien avec un autre appartement). Sensation de proximité avec le spectateur à travers une projection grandeur nature.

    Un espace ajouté via la vidéo

    –          Travail avec l’illusion (vidéo en direct et/ou pré-enregistrée)

    –          Projection en différée dans la même pièce (ce que le spectateur a raté…)

    –          Au lieu de faire jouer un film à la TV, le projeter dans la salle de bain.

    –          Chambre avec projection vidéo à 360°

    Pièces thématiques ou conceptuelles

    Dans chaque pièce, une idée ou un concept pourrait être relayé par tous. Exemple : quand un danseur change de pièce, il entre dans un autre concept. Le spectateur peut passer de pièce en pièce ou y revenir pour voir la même idée interprétée par d’autres.

    Cette idée peut s’établir dès le début pour doucement se modifier. Exemple : tous les performers partent à un moment sur une même idée directrice (ou action commune) à travers tout l’appartement quelque soit l’endroit où il se situe (ou bien se retrouver dans une même pièce). Ces moments « communs » pourraient rythmer le show.

     

    a)      La pièce du « solo »

    Un solo (un concept) interprété en relais par tous, chacun son tour, dans une pièce dédiée à ça. Chacun peut interpréter le solo à sa façon, ou incorporer/adapter le concept à sa guise.

    b)      Le méta-projet

    Possibilité de ramifier le duo Martin/Maya avec tous : à chaque fois, 2 personnes discutent du projet en cours tout en performant. Mais à un moment, cette idée pourrait être reprise par tous en même temps, juste pour un temps donné (dans la même pièce ou partout dans l’appartement).

    Intégrer le spectateur dans la discussion (lui demander son avis sur l’idée ou sur le geste), mais aussi dans l’action (lui demander de l’aide pour un mouvement ou pour déplacer le « décor »).

    c)       La pièce « surprise » ou la pièce surréaliste

    Avec un décor particulier ou absurde (salon funéraire, pique-nique…)

    Un endroit perturbant (ou perturbé)

    Le public arrive dans une scène en cours.

    Question : « vrai » appart ou appart « stagé »?

    Attention à ne pas trop dénaturer l’appart avec la technologie

    Mais on peut aussi basculer dans un autre espace…

    Il faut veiller à ne pas reproduire la scène de théâtre mais plutôt jouer sur une configuration qu’on ne pourrait pas réaliser scéniquement (= c’est précisément le jeu du « in situ », c’est-à-dire quelque chose qui prend sens dans le lieu).

    Ici, le décor nous est en quelque sorte imposé : c’est l’espace de l’appartement. Le public entre donc « dans » le théâtre.

    En même temps, on pourrait reconstituer un mini-Tangente dans une pièce : avec un gradin de sièges bleus de Tangente, plancher de bois franc, rideaux noirs aux murs, un spot.

    Follow spot dirigé sur les plantes ou les objets de l’appart

    1. La colocation (« être ensemble »)

     

    Le relai ou l’anti solo

    Dans une pièce, un solo relayé par chacun de nous.

    Ça peut être aussi un costume qui se reprend.

    Idée d’un cadavre exquis dans la création : idée du relais.

    Une action refaite par tous, chacun son tour, en relai.

    Cue collectif

    Déclenchement d’un mouvement de groupe (exemple : si chacun est dans une pièce, au signal, tout le monde change de pièce (croisement, mouvement, portes qui s’ouvrent…)).

    L’alarme à incendie pourrait être un cue pour brasser l’espace ou déclencher un mouvement.

    Un mouvement qu’on n’a pas envie de faire

    Action dansée par tous : faite et refaite par tous.

    Reconstituer un souper dans l’appart.

    La recette de cuisine

    Lieu social. Faire un plat avec des contraintes physiques. Recette relayée par tous. Chacun fait un truc, participe à la recette (comme un travail à la chaîne) et se relaient. Chacun met la main à la patte. Chaque action peut être accompagnée d’une contrainte physique ou d’une musique.

    Ou en créer une action romanesque (de téléroman) sur une musique très triste genre Puccini.

    Actions communes

    Le cambriolage : des gens qui emportent des objets, la télé, etc. Vider l’espace. Jeu possible avec un autre appartement (permet de construire et déconstruire en continu l’espace de l’appart : d’un côté, un appart se vide, de l’autre – à la caméra – un autre appart se remplit et « meuble » progressivement via le vidéo l’appart vide).

    Le crime : scène de crime dans la salle de bain.

    Les alarmes qui se déclenchent : scénariser un exercice en cas d’incendie.

    Un moment genre comédie musicale.

    Personnages

    Certains « personnages » pourraient déambuler et circuler dans les différentes pièces. Et même passer de l’intérieur à l’extérieur, même sous la neige.

    Exemples :

    –          Le « looser » qui n’a jamais le bon costume au bon moment (ou qui porte un vêtement particulier)

    –          Amélie, enceinte de 8 mois

    –          Avoir un vrai petit vieux dans l’appart ou 3 tricoteuses qui jasent (ne pas savoir si c’est un spectateur ou un complice)

    –          Quelqu’un d’invalide qu’on doit déplacer d’un espace à l’autre comme un petit vieux qu’on ne sait jamais où mettre…

    –          Un corps pas forcément nu mais blanc qui se promène lentement et invite les spectateurs à écrire sur lui, un mot, une phrase…

    Certains « personnages » pourraient entrer dans les idées ou actions des autres (comme une anomalie ou un court-circuit, pour venir parasiter ou contaminer, ou tout simplement faire une incursion dans l’univers de l’autre).

    1. Relation avec le spectateur

    Impliquer le spectateur :

    –          lui demander son avis sur la performance,

    –          lui poser des questions qui influent le cours de la performance,

    –          le faire intervenir (lui faire déplacer des plantes vertes, des meubles…),

    –          lui demander de te nourrir alors que tu ne dois pas arrêter de bouger,

    –          utiliser la caméra pour créer un espace non intimidant pour le spectateur…).

    Pièce du solo en relais en lien avec le spectateur sur l’écran d’ordi projeté en grand. D’un côté, le spectateur face à l’image du danseur à l’écran. De l’autre côté, un danseur dans une pièce dansant son solo (et, pourquoi pas, face au spectateur projeté sur le mur en grand?).

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    L E M M : collaborations vidéos https://la2eporteagauche.espaceperreault.ca/2013/08/15/l-e-m-m-collaborations-videos/ https://la2eporteagauche.espaceperreault.ca/2013/08/15/l-e-m-m-collaborations-videos/#respond Thu, 15 Aug 2013 09:21:57 +0000 https://la2eporteagauche.ca/?p=216 La 2e Porte à Gauche a collaboré avec le vidéaste Martin Lemieux (alias L E M M) pour plusieurs de ses projets de création. Voici un petit florilège de cette fructueuse collaboration, dont certains clips ...

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    La 2e Porte à Gauche a collaboré avec le vidéaste Martin Lemieux (alias L E M M) pour plusieurs de ses projets de création. Voici un petit florilège de cette fructueuse collaboration, dont certains clips inédits.

    L E M M était l’un des collaborateurs artistiques du spectacle 4quART conçu en 2011 en coproduction avec Danse-Cité. Pour l’occasion, il a conçu une installation vidéo mobile composée d’un écran-accordéon à roulette, de deux caméras et deux vidéo-projecteurs manipulés tout au long du spectacle par les 4 danseurs. Il a également construit pour un tableau de Catherine Tardif intitulé « La Foire » une série de 3 « totems » à partir de téléviseurs empilés, chacun relié à une mini-caméra et à une cassette mini-DV : les projections alternaient ainsi entre images live et séquences de spectateurs pré-enregistrés chaque soir par les performers avant l’entrée en salle. Enfin, il a conçu un programme vidéo nous permettant de projeter pendant le spectacle un « cadavre exquis chorégraphique » réalisé par les spectateurs avant de rentrer en salle :


    4quART (extraits)
    Musique : Philippe Brault

    Pendant la période de recherche, voici l’une de ses créations restée inédite :

    Ma recette de caméra from L E M M on Vimeo.

    L E M M a également été un des artistes invités dans le cadre du projet 9 1/2 à part. présenté dans un loft du quartier St-Henri par Tangente en 2009. Sa contribution a notamment permis la création d’une séquence vidéo intimiste en lien avec le public :

    Dans ce 9 1/2 à partager, L E M M a aussi réalisé une série de clips in situ en collaboration avec chacun des colocataires artistiques du projet. Ces clips étaient projetés sur le mur du salon durant le spectacle dans l’appartement :

    Enfin, voici deux explorations qu’il avait entamé avec Maya Ostrofsky et qui ont été par la suite collectivement développées dans le spectacle :
    [youtube=http://www.youtube.com/watch?v=CnjjMtjxjJ0&w=420&h=315]

    [youtube=http://www.youtube.com/watch?v=sG3Yi3HocjI&w=420&h=315]

    En 2007, L E M M nous accompagnait déjà dans l’aventure du Blind Date : un rendez-vous chorégraphique présenté à la Cinquième Salle de la Place des arts à l’occasion de la Nuit Blanche de Montréal :

    Pour suivre le travail de L E M M : http://capsulesvideo.blogspot.ca

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    The Art (prononcez dehors) | 2006 : Se confronter au public 1/4 https://la2eporteagauche.espaceperreault.ca/2013/07/04/the-art-prononcez-dehors-2006/ https://la2eporteagauche.espaceperreault.ca/2013/07/04/the-art-prononcez-dehors-2006/#respond Thu, 04 Jul 2013 09:37:21 +0000 https://la2eporteagauche.ca/?p=44 Parmi les douze projets présentés en 2006 durant les quatre jours de l’événement The Art (prononcez dehors), chaque proposition engageait une rencontre particulière avec le public. Le spectateur a donc croisé non pas une conception ...

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    Parmi les douze projets présentés en 2006 durant les quatre jours de l’événement The Art (prononcez dehors), chaque proposition engageait une rencontre particulière avec le public. Le spectateur a donc croisé non pas une conception de la danse contemporaine mais une pluralité de visions artistiques. C’est d’ailleurs peut-être précisément cette variété de points de vue qui caractérise le prisme (complexe) de la danse contemporaine. L’événement a ainsi permis, on l’espère, d’ouvrir non seulement le regard du spectateur sur la danse, mais de confronter également l’artiste à une multiplicité de regards possibles sur son œuvre. Durant les tables rondes organisées chaque soir, les chorégraphes ont pu réfléchir sur les enjeux et l’impact de leurs propositions.

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    Les Radicaux de Julie Châteauvert | interprètes : Élodie Lombardo, Josianne Latreille, Geneviève Smith-Courtois, Séverine Lombardo, Lily Lapierre | Photo de Maurice Pressé

    Une confrontation directe avec le public

    La plupart des artistes impliqués ont constaté avoir abordé leur projet avec une certaine naïveté, avec l’idée que ce qu’ils offraient au public serait forcément regardé avec attention et reconnaissance. Or, dehors, le public n’est résolument pas le même qu’au théâtre où il a acheté un billet pour voir un spectacle et où il est tenu de respecter un code de conduite sous peine de se faire exclure. En effet, dehors, le public n’est pas venu pour voir de la danse, ce qui modifie en profondeur sa relation avec l’œuvre. Il n’est pas plongé dans l’anonymat d’une salle obscure et si la représentation ne lui plaît pas, il peut se lever et partir sans gêner personne. Ou presque… Car son geste peut toutefois contrarier l’artiste qui remet alors souvent aussitôt son travail en question. Dans ce contexte, la rencontre entre l’artiste et le public, et les conditions mêmes de cette rencontre, sont donc radicalement différentes.

    Dominique Bouchard : Le concept de mon projet consistait à rencontrer le public à partir de l’identité du regard et de l’identité du danseur. Or le contexte du parc ajoutait un tel sens que le sens de mon propos s’effaçait, déviait. L’action même de danser dans un parc représente un acte absurde en soi : c’est décalé. Le simple fait de danser, surtout seul, devient confrontant. En groupe, ça fonctionne plus facilement car une distance se crée d’emblée.

    Julie Châteauvert : Si certaines personnes étaient amusées par notre présence, d’autres en revanche étaient carrément mécontentes.

    Lily Lapierre : Il y a ceux qui ne veulent pas déranger la danse et qui font attention à l’espace. Et il y en a d’autres qui estiment que c’est la danse qui dérange « leur » espace.

    Amy Helmstetter : J’ai fait beaucoup de solos sur scène mais je ne me suis jamais sentie aussi seule que dehors. Au début, j’essayais d’expliquer mon projet aux gens. Malgré ça, ils se trouvaient confrontés face à mon solo car ils n’étaient pas venus pour. Alors j’ai fini par ne plus donner d’explication et j’ai dansé mon solo comme d’autres font leur tai-chi, c’est-à-dire pour moi-même et pour ceux qui veulent.

    Marie Béland : Dans ma pièce, comme dans mon travail en général, j’ai des moments où on performe et des moments où on parle. D’habitude, en salle, quand les danseurs se mettent à parler, c’est à ce moment-là que la danse devient plus accessible. Or, dans le parc, dès que ça parle, les gens partent. L’effet était inversé car dès que les gens craignent qu’on les embarque dans notre numéro, ils fuient, de peur de devenir le centre d’intérêt.

    Sébastien Talbot (un bénévole) : Dans leur réaction, les gens ont souvent reconstitué naturellement l’espace scène/public conventionnel. Ils ont reconstruit l’espace théâtral. Comme un théâtre en plein air.

    Synthèse mise en forme par Katya Montaignac, 11/09/2006

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    The Art | Nourrir ou détruire le mythe de la danse contemporaine ? 2/4 https://la2eporteagauche.espaceperreault.ca/2013/07/03/the-art-nourrir-ou-detruire-le-mythe-de-la-danse-contemporaine/ https://la2eporteagauche.espaceperreault.ca/2013/07/03/the-art-nourrir-ou-detruire-le-mythe-de-la-danse-contemporaine/#respond Wed, 03 Jul 2013 02:20:53 +0000 https://la2eporteagauche.ca/?p=104 Pendant l’événement The Art (prononcez dehors), la rencontre artiste/public s’est teintée de malentendus ou d’une certaine méfiance non seulement vis-à-vis de l’art contemporain – la danse contemporaine est à ce titre souvent considérée comme « spéciale » ...

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    Pendant l’événement The Art (prononcez dehors), la rencontre artiste/public s’est teintée de malentendus ou d’une certaine méfiance non seulement vis-à-vis de l’art contemporain – la danse contemporaine est à ce titre souvent considérée comme « spéciale » –, mais également liée au contexte extérieur qui invite généralement l’individu à se méfier de l’inconnu. Cette méfiance de la part du spectateur est peut-être également liée au lieu : en effet, le Carré St-Louis est particulièrement connu pour ses marginaux (itinérants, junkies…). Les promeneurs ont aussi l’habitude d’y croiser des musiciens ou amuseurs public faire divers numéros et demander l’aumône, surtout dans la rue Prince-Arthur. Enfin, ils ont l’habitude d’être sollicités – surtout à la rentrée de septembre – par des groupes d’étudiants. Beaucoup de spectateurs nous ont ainsi demandé s’il s’agissait d’étudiants en danse (le logo du Département de danse sur le programme ajoutait sans doute à la confusion).

    Frédérick Gravel : En organisant un événement dehors pour un public non convié, est-ce qu’on entretient le mythe de la danse contemporaine ou en sortant on le détruit ?

    Marie Béland : L’espace extérieur désacralise l’œuvre. Il y a tellement d’impondérables qu’on lâche prise en tant que chorégraphe : la présence d’une chaise roulante, d’un clochard, ou encore d’une fontaine ou d’un simple banc s’immisce dans l’espace de la représentation. La valeur de l’œuvre se modifie. Ça change complètement mon lien avec mon travail.

    Stéphanie Bernard : Dans la rue Prince-Arthur, les gens ont l’habitude de voir des quêteux ou des musiciens qui passent le chapeau. De peur qu’on fasse nous aussi tourner le chapeau, ils partaient souvent tous juste avant la fin de la représentation.

    Emmalie Ruest (bénévole) : si l’événement avait été plus repérable, il aurait permis aux spectateurs d’avoir un autre regard, moins méfiant. Ils ne savaient pas vraiment ce qu’il se passait.

    Marie Béland : La question de savoir à quel point prévenir ou non les gens est importante.

    Stéphanie Bernard : Les Montréalais sont habitués au format festival avec pancarte, horaire, organisation, etc. Cependant, là, nous n’étions pas aussi formatés, ce qui a permis de leur montrer que la danse, c’est bien quelque chose de « spécial » qui ne correspond pas aux formats traditionnels.

    Raymond : un solo pour n interprètes de Katya Montaignac, Photo : Maurice Pressé

    Raymond : un solo pour n interprètes de Katya Montaignac | Photo : Maurice Pressé | interprète : Antonia Mappin-Kasirer

    Nathalie Dumont : En tant que non-danseuse pour le projet de Katya, je n’ai aucune expérience de scène. Cependant, j’ai trouvé que l’interaction avec les gens était très intense, surtout dans la rue. En revanche, dans le parc, il y avait deux types de « clientèle » : ceux qui sont venus pour l’événement et ceux qui se promènent (le public potentiel) ; mais il y avait également ceux qui n’en ont rien à faire. J’avais l’impression d’aller convertir des indigènes. J’étais très sceptique car je trouvais ce projet ambitieux et complètement fou. Mais j’ai été également agréablement surprise.

    Julie Châteauvert : Moi, j’adore l’ambiguïté ! Me fondre dans le décor naturel sans que les gens ne sachent forcément ce qu’il se passe. À ce titre, la pancarte me gênait. Quand mes interprètes étaient réparties sur des bancs, personne ne pouvait se masser pour regarder. L’espace de jeu nous englobait et les gens en faisaient partie. Ils sont donc inclus dans la mise en scène.

    Isabelle : La meilleure façon de démystifier l’image « fuckée » de la danse, c’est quand l’artiste va parler aux gens. Il devient alors tout d’un coup quelqu’un qui explique sa démarche. Ça crée une ouverture. C’est de l’éducation populaire. Et le public se rend compte que les danseurs sont des gens comme tout le monde.

    Synthèse mise en forme par Katya Montaignac, 11/09/2006

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    On peut s’interroger sur les objectifs et enjeux de l’événement The Art (prononcez dehors): cherche-t-on à convertir le grand public à la danse contemporaine ? Cherche-t-on à « séduire » le badaud afin de lui donner le goût d’aller au théâtre ? Ce public ne va pas forcément au théâtre parce qu’il n’en aurait pas les moyens, mais tout simplement parce qu’il ne se sent pas concerné par un spectacle de danse. En revanche, il peut dépenser aisément 15$ pour aller au cinéma, dans un bar ou encore 25$ pour un concert ou un spectacle d’humour…

    Frédérick Gravel : Ce n’est pas la même chose de faire un show dehors ou devant des gens qui sont venus au théâtre pour ça. Dans ce cas, ils sont « captifs ». Alors que dehors, ils ne sont pas venus au parc pour voir de la danse.

    GravelWorks de Frédérick Gravel | interprètes : Francis Ducharme, Hugo Gravel, Stéphane Boucher et Frédérick Gravel | Photo : Katya Montaignac

    GravelWorks de Frédérick Gravel | interprètes : Francis Ducharme, Hugo Gravel, Stéphane Boucher et Frédérick Gravel | Photo : Katya Montaignac

    Marie Béland : Dehors, le public ne ment pas : quand c’est plate, il s’en va ! Pour mon projet, j’ai remarqué que c’était toujours au même moment ! On peut se demander jusqu’à quel point une entreprise de séduction comme la notre doit répondre à la formule du tout-inclus afin de satisfaire le confort du spectateur. Ma pièce a été conçue dehors. On avait envie de séduire, mais jusqu’à quel point ? On a envie que la danse soit moins hermétique, certes. Mais est-on capable d’aller tasser les affaires qui ne marchent pas ? À force de modifier la pièce en fonction des réactions du public, est-ce que je ne passe pas à côté des choses que je voulais faire ?

    Frédérick Gravel : Est-ce qu’une bonne œuvre de danse n’est pas nécessairement séduisante ?

    Marie Béland : Peut-on faire une bonne œuvre sans forcément séduire ?

    Johanna Bienaise : On veut rendre la danse plus accessible mais pourtant quand c’est plate, le public peut partir. Comment le sensibiliser à des choses plates ?

    Séverine Lombardo : Le fait de ne rien faire fait parfois partir les gens. Or, le projet de Julie comporte des moments d’immobilité. Je me suis posé beaucoup de questions à ce sujet. Pourquoi ai-je envie que les gens s’arrêtent ? Pourquoi est-ce que je veux absolument capter leur attention ? Ces interrogations se posent davantage au niveau de l’interprète que du chorégraphe. Julie, elle, adorait que les gens ne s’arrêtent pas !

    Élodie Lombardo : On a l’habitude d’être tributaire du regard du public. En salle comme en théâtre de rue, le temps mort signifie que tu perds de l’argent.

    Irène Galesso : Pour rendre accessible la danse, rien de tel que de retourner dans la rue, comme des troubadours. L’événement The Art (prononcez dehors) m’a fait penser aux HOPs réalisés l’an dernier lors du Congrès de recherche en danse organisé par le CORD (novembre 2005). Nous avions dansé dehors sous la neige. Sans provoquer, la danse attire. L’expérience est d’autant plus stimulante pour les spectateurs que pour les danseurs.

    Stéphanie Bernard : Avec mon projet, j’ai opté pour l’idée d’un compromis en m’inspirant des gens qui sont dehors dans un parc. J’avais le goût de faire une pièce positive et agréable. Or, après avoir vu ma pièce, les gens ne me parlaient pas de l’œuvre mais de danse. Je n’ai rien fait de profond mais ça a ouvert une porte et on a parlé de « la » danse.

    Synthèse mise en forme par Katya Montaignac, 11/09/2006

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    The Art | Les enjeux de la danse « in situ »… 4/4 https://la2eporteagauche.espaceperreault.ca/2013/07/01/the-art-les-enjeux-de-la-danse-in-situ-44/ https://la2eporteagauche.espaceperreault.ca/2013/07/01/the-art-les-enjeux-de-la-danse-in-situ-44/#respond Mon, 01 Jul 2013 01:20:51 +0000 https://la2eporteagauche.ca/?p=108 Avec l’événement The Art (prononcez dehors), on peut s’interroger sur l’engagement de l’artiste face à son art et face au grand public. Tout d’abord, la danse « in situ » répond-t-elle davantage à une opération de sensibilisation ...

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    Avec l’événement The Art (prononcez dehors), on peut s’interroger sur l’engagement de l’artiste face à son art et face au grand public. Tout d’abord, la danse « in situ » répond-t-elle davantage à une opération de sensibilisation qu’à une démarche artistique ? À une promotion de la danse contemporaine qu’à d’une véritable réflexion sur le médium et sur son impact public ? Enfin, est-ce le rôle des artistes d’aller vers le public ?

    Se positionner en tant qu’artiste

    Marie Béland : Notre but au départ consistait à aller à la rencontre des gens pour leur présenter de la danse contemporaine, d’ouvrir cette discipline et de provoquer la rencontre. L’idée était aussi de se positionner en tant qu’artiste.

    Maya Ostrofsky : Dans ce parc, j’avais peur de donner une mauvaise image de la danse contemporaine, c’est-à-dire l’idée du « n’importe quoi ». Je me sentais responsable.

    Frédérick Gravel : En tant que chorégraphe, est-ce qu’on veut séduire, provoquer ou laisser les gens indifférents ? Proposer quelque chose de lisible, ça nous aide. Sinon, comment communiquer ? Les propositions claires fonctionnent à ce titre. Peut-on être plus clair en tant que chorégraphe ? Ou faut-il se dire que anyway ça va être pris différemment en fonction des gens ?

    La « job » du spectateur

    Dominique Bouchard : On prend parfois les spectateurs pour des ignares. Ils disent des choses évidentes, mais pertinentes, dans leurs mots à eux. Même quand je pensais ma proposition ratée, le public me faisait découvrir quelque chose que je n’avais pas remarqué. On peut faire un peu plus confiance au public. Ses feed back sont très positifs et très intéressants.

    Espace Vert de Marie Béland, photo Maurice Pressé

    Espace Vert de Marie Béland | interprètes : Vincent Morelle et Marilyne St-Sauveur | photo Maurice Pressé

    Frédérick Gravel : La clarté n’est pas un dogme, ni une fonction. Katya et Marie ont proposé deux réponses différentes à la clarté. Pour Marie, tout est vert. Ce n’est pas ça qui fait le show mais c’est clair. Pour Katya, c’est voulu que ce ne soit pas clair : que les interprètes ne soient pas identifiés en tant que tels, qu’ils se confondent parmi les promeneurs du parc ou les passants de la rue. Le projet de Dominique se déroule sans musique : son espace se crée au niveau du regard. Elle ne cherche pas l’attroupement : c’est le spectateur qui fait la job. La 2e Porte à Gauche n’a pas pour but de développer le public mais d’inviter les artistes à (re)penser leur rapport au public. Cette question des objectifs est importante. On ne fait pas de la sensibilisation de public. C’est nous qui nous sensibilisons. Notre objectif n’est pas forcément de « convertir » les gens à aller au théâtre. En théâtre, on a l’illusion qu’on est capable de diriger le regard du spectateur. Dehors, on ne contrôle rien. C’est le défi de cet événement : prendre conscience que toutes les conditions de représentation changent. Quand est-ce que l’on fait des ruptures ? Aucune valeur de temps n’existe car ce n’est jamais le même début, ni la même fin pour chaque passant.

    Laisser des traces dans le corps du passant

    Élodie Lombardo : Notre objectif est-il de retrouver une scène théâtrale dehors ou de s’infiltrer dans la vie quotidienne ?

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    Kiss d’Andrew Tay et Sasha Kleinplatz | Photo : Katya Montaignac

    Sasha Kleinplatz : Le contexte est complètement différent dans la rue et dans le parc. Pour notre projet Kiss, c’était plus romantique devant la fontaine !

    Dominique Bouchard : Le projet pouvait se confondre dans l’aspect physique du lieu. Pour apprécier une représentation, doit-on nécessairement immobiliser le spectateur ? Le Carré St-Louis était modifié par notre présence : ça laisse des traces dans le corps du passant.

    Synthèse mise en forme par Katya Montaignac, 11/09/2006

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    Projet Vitrines | 2005 https://la2eporteagauche.espaceperreault.ca/2013/05/13/le-pourquoi-du-projet-vitrines/ https://la2eporteagauche.espaceperreault.ca/2013/05/13/le-pourquoi-du-projet-vitrines/#respond Mon, 13 May 2013 17:15:14 +0000 https://la2eporteagauche.ca/?p=27 Le pourquoi du Projet Vitrines Premièrement, comment faire connaître l’existence de la danse au plus de gens possible, simplement, sans aller plus loin que cette question. L’art est un cadeau que l’humain s’est donné pour ...

    L’article Projet Vitrines | 2005 est apparu en premier sur La 2ᵉ porte à gauche.

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    Le pourquoi du Projet Vitrines

    Premièrement, comment faire connaître l’existence de la danse au plus de gens possible, simplement, sans aller plus loin que cette question.

    Marie-Eve Quilicot, photo de Marie Béland

    Danseuse : Marie-Eve Quilicot, photo de Marie Béland

    L’art est un cadeau que l’humain s’est donné pour profiter de sa vie, pour la comprendre ou pour y participer. Malheureusement, une société utilitariste ne voit pas la richesse que nous apporte ce cadeau, mais plus la richesse qu’il faut y investir pour que les institutions survivent. Si on suit cette logique de vente avec rapide retour aux actionnaires, il est clair qu’il sera toujours plus facile de vendre de l’amusement, du cul, du sucre, que de convaincre les gens qu’il existe autre chose.

    Il faut bien entendu demander que les gouvernements ne laissent pas tomber une production artistique qui en arrache, mais il ne faudrait surtout pas oublier de d’abord voir toute la volonté qu’ont les jeunes artistes de se développer, montrer leur vision du monde, enfin de donner ce cadeau qu’est l’art au plus de gens possibles. Dans une logique carriériste, les spectacles couverts par les médias auxquels on invite quelques importants du milieu ont un certain impact pour la carrière de l’artiste, mais il serait faux de croire que ces artistes n’ont pas la volonté de donner le cadeau de leur art à plus de gens qu’au cercle restreint des initiés, sans en attendre une récompense immédiate, une reconnaissance officielle. La preuve en est de tous ces danseurs, chorégraphes, vidéastes qui ont d’emblée embarqué dans ce projet sachant qu’ils donneraient leur temps et leur talent dans le simple but de faire vivre la danse.

    2005_Projet-Vitrines_Simons-Montreal_caroline-gravel_photo_frederick-gravel_DSCN2229

    2005_Projet Vitrines_Simons Montreal_caroline gravel_credit photo frederick gravel

    Il est malheureusement difficile de produire de la danse et de la montrer autrement qu’en occasionnant d’importantes dépenses. Les studios, les théâtres, le temps de répétition, tout cela est dispendieux, et ce qui est le plus triste est que très peu de gens auront ensuite accès au produit fini. On pourrait dire que cet art est inaccessible, on pourrait aussi dire qu’on ne peut pas prendre conscience de son existence dans le bruit de l’industrie du spectacle, de la musique et de la télé.

    La 2e Porte à Gauche veut, à l’aide de son projet vitrines, profiter de ce contact direct avec les passants pour leur donner un peu d’art, librement, simplement. Elle veut aussi profiter de l’impact médiatique de ce projet pour être en mesure de rivaliser avec les gros canons du divertissement. L’art, c’est souvent chercher des voies, et c’est ce que ce projet fait en premier lieu, en voulant amener la danse près des gens, en se servant d’un outil de marketing simple, direct, et surtout en profitant de toute cette énergie et cette volonté qu’ont les danseurs de la jeune génération.

    Oui tout le monde veut vivre de son art, mais avant tout il faut que l’art vive, se pratique. Maintenant est-il possible de faire part de cette immense richesse à tout le monde, est-ce que la danse n’est faite que pour les initiés ? Le projet Vitrines se veut une réponse à ces questions, en même temps qu’une preuve d’engagement pour la danse vivante.

    Danse sans aucune obligation de votre part, échantillon de culture, comment résister à la tentation de l’essai gratuit pour une semaine ?

    Frédérick Gravel, février 2005

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